IMAGES VOYAGEUSES

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IMAGES VOYAGEUSES

Rendez-vous à Marseille !

C’est avec enthousiasme que le Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis s’est associé au projet Livres des deux rives de l’Institut français pour accompagner dix artistes de cinq pays de la rive Sud Méditerranéenne afin de valoriser la vitalité artistique de la jeune création contemporaine.

Un programme en plusieurs étapes qui aboutit à la présentation d’une exposition collective à la bibliothèque de l’Alcazar, sur le thème Arriver-Partir-Revenir.

Exposition Images voyageuses
Du 15 mai au 30 septembre 2026
Bibliothèque de l’Alcazar, Marseille
dans le cadre de l’ouverture de la Saison Méditerranée 2026 !

Inauguration, en musique et chants, le 19 mai, à 19h.

Avec les créations de Sahar Abdallah, Sandra Aboujaoudé, Aya Ben Amor, Anaëlle Myriam Chaaib, Mohamed Haïti, Khadija Mouffok Alias Gigi, Nathalie Saoud, Hayam Safwat, Moez Tabia, Amina Temmam et un texte de l’auteur-dessinateur, Kamel Khélif, qui accompagne de ses mots leurs images pour une traversée sensible et littéraire. 

L'esprit du projet

Le dessin porte en lui la trace d’un départ*

Cette exposition est l’aboutissement d’un projet d’accompagnement de dix artistes de cinq pays de la rive Sud méditerranéenne – Algérie, Égypte, Liban, Maroc, Tunisie – choisis par un comité éditorial** composé de personnalités qualifiées de ces cinq pays, afin de mettre en lumière la vitalité artistique de la jeune création contemporaine en Méditerranée.

Révéler la puissance narrative des images, mettre en partage des imaginaires singuliers, favoriser de nouvelles collaborations éditoriales, tels sont les grands axes de ce projet initié au printemps 2025 dans le cadre du projet Livres des deux rives de l’Institut français, en partenariat avec le Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis.

Une première étape de travail s’est tenue au Salon en novembre 2025 : rencontres, visites et ateliers, coordonnés par deux éditrices, Angèle Cambournac (Seuil Jeunesse) et Béatrice Vincent (La Partie), ont permis d’appréhender le projet de manière collective.

Ces artistes ont ainsi pu affiner leurs réflexions et être accompagnés pour produire leurs œuvres, réunies dans l’exposition inédite présentée à la Bibliothèque de l’Alcazar, à Marseille, entre mai et septembre 2026.

Elles explorent la thématique Arriver-Partir-Revenir, proposée par la Saison Méditerranée qui a débuté à Marseille en mai 2026. Chaque artiste s’en est saisi pour imaginer et structurer son univers graphique, selon sa technique, sa sensibilité et ses engagements dans la création.

L’auteur-illustrateur Kamel Khélif, avec spontanéité et générosité, a accepté de livrer, à partir des images, son regard sur ce thème.

Par leur singularité, les univers polyphoniques qu’elles convoquent, les visions multiples qu’elles incarnent, ces œuvres sont autant de regards portés depuis, sur et avec la Méditerranée. Elles sont également de formidables terreaux pour nourrir le dialogue entre les cultures et les sociétés, à rebours des images préconçues.

Nous souhaitons à ces artistes, et à leurs œuvres, de rencontrer un large public. Que ces images ouvrent de nouveaux possibles, qu’elles nourrissent des récits renouvelés et des échanges fructueux entre les rives méditerranéennes ! 

*Kamel Khélif
** Un grand merci au comité d’experts qui a permis de sélectionner les artistes : Khaled Abdel-Hamid, éditions Marah, Égypte ; Zakia Bouassida, éditions La Voix du livre, Tunisie ; Angèle Cambournac, éditions Seuil Jeunesse, France ; Yasmina Naji, éditions Kulte, Maroc ; Maya Ouabadi, éditions Motifs, Algérie ; Rania Stephan, éditions et librairie Stephan, Liban ; Béatrice Vincent, éditions La Partie, France

Le texte de Kamel Khélif

L’œil de Kamel Khélif

Je préfère accompagner un ami à la gare que d’aller le chercher, car on ne sait jamais celui qu’on va retrouver.
F Pessoa 

Pourquoi ma terre est si lointaine

Une légende rapportée par Pline, fait naître le dessin de la main d’une jeune fille, qui à l’aide d’un charbon de bois trace le contour de l’ombre portée sur le mur, de l’aimé qui s’en va.

Ainsi le dessin est cousin de l’ombre et porte en lui la trace d’un départ, l’instant où se cristallise le poids d’une absence, où chaque touche dessinée reproduit le désir et la perte.

Dans toute « re-présentation », il y a l’idée de rendre présent l’absent, ce n’est donc pas seulement évoquer mais remplacer. Comme si l’image-magie avait le pouvoir de combler un manque.

Jamais dans l’histoire de l’humanité ces absences causées par les mouvements contraints des populations déplacées, le plus souvent du sud vers le nord, n’ont connu une telle ampleur. Les guerres, la mondialisation avec la circulation des marchandises et des biens, les changements climatiques, sont les causes principales de ces migrations et exils. Avec des conséquences dramatiques comme celle que connaît par exemple la Méditerranée, devenue une mer d’errance et de perdition. Ils seraient quelques centaines d’adolescents et de jeunes (Harragas) à débarquer chaque année, ici, dans le port de Marseille, cachés dans les cales des cargos.

Jamais non plus dans l’histoire de l’art, les œuvres réalisées par les artistes n’ont été aussi nombreuses à témoigner de la réalité de l’exil et de la migration.

Dans presque la majorité des images rassemblées dans ce catalogue, d’un bout à l’autre de la Méditerranée, du Maroc jusqu’en Égypte en passant par l’Algérie, la Tunisie et le Liban d’où sont originaires ces dix artistes, un thème commun revient comme un leitmotiv : l’Oiseau. Seul à pouvoir s’élever au-dessus du monde en empruntant le voile du rêve, en un endroit où les détails de la surface du sol se confondent en une uniforme beauté.

Il ne faut pas se laisser séduire par les couleurs, la lumière et l’apparente innocence des images qui transparaissent au travers de ces œuvres, qui nous donnent de quoi rêver et voyager.

Derrière ce charme se cache parfois une gravité, comme dans la peinture El Shahrour : une jeune femme les paupières closes, les pieds noyés dans le désordre du sol, puis dans le remous des vagues est poursuivie par les errances noires de tout un peuple fuyant les désastres de la guerre – qu’on ne voit pas mais que l’actualité nous oblige à imaginer. Une huppe au-dessus de sa tête, messagère du roi Salomon lui sert de boussole.

Mais parfois l’œuvre emprunte à la mythologie. En haut et à gauche d’une peinture, un fil brisé noué à une main suspendue, à l’opposé et en bas une chaise vide, au centre des nuages dessinent un labyrinthe. Main, fil, labyrinthe renvoient au double destin de Thésée et d’Icare. L’un entre dans la nuit du dédale et en ressort, grâce à l’appui d’Ariane ; l’autre s’évade du piège en partant par les airs, mais y rencontre la punition brûlante de sa vanité. 

Plus loin, un récit sous la forme d’une bande dessinée, témoigne de la difficulté d’un jeune homme à quitter son village, sa ville, le lieu où il est né et cultivé son imagination. Il se couvre le visage d’un masque d’oiseau et rêve d’avoir des ailes pour assouvir sa soif de l’ailleurs et pour satisfaire son goût de la découverte du monde, de l’autre : étranger à lui, ou ce qui dans l’autre est à la fois étrange et familier.

Toutes ces œuvres aux formes plurielles avec leur caractère intime et leur franchise ont trouvé un lieu d’asile dans cette exposition. Échos qui nous parviennent d’autres rives, réalisées avec habileté à partir de techniques diverses où s’exprime l’imagination narrative, sont à la fois des ouvertures sur la personnalité de chacun des artistes et témoignent de l’intérêt qu’ils portent au monde.

Pas seulement des fenêtres ouvertes sur le monde, mais des outils pour voir le monde autrement.

Le voyage est aussi dans le récit du voyage.

Marseille, avril 2026

Les ressources

Le programme

Mardi 19 mai, 17h30
Rencontre professionnelle
Rencontre des artistes avec les Master2 Monde du livre et les BTU3 Information et Communication, Métiers du livre d’Aix Marseille Université.

Mardi 19 mai, 19h
Inauguration de l’exposition
Ouverture : Concert du Duo Catherine Vincent

Né à Damas, installé à Marseille, le duo Catherine Vincent chante. À deux, tels des troubadours, ils voyagent, avec leur musique et leur chant qui naviguent entre plusieurs langues. Depuis que leur chemin a croisé Le port a jauni, éditeur de livres bilingues français-arabe, une riche collaboration a commencé. Ils réalisent les versions sonores des livres, musicalisent les poèmes. Guitare, harmonium indien et chant aux textures pop et folk composent ce concert poétique.
En mezzanine, 1er étage

Mercredi 20 mai, 10h30
Ateliers
Estampes d’oiseaux
Avec Sahar Abdallah
7-12 ans
Atelier des enfants

S’ancrer pour mieux s’exprimer
Méditation et Expression artistique
Avec Amina Temmam, illustratrice et Ilyes Chaib, musicien
Adolescents et adultes
Salle du conte

Mercredi 20 mai, 14h30
Regards croisés sur la bande dessinée
Initiation à la BD et au Character design
Avec Mohamed Haïti
7 à 10 ans ou 10 à 15 ans

Comic-strip : Une page, un message, une histoire !
Avec Khadija Mouffok alias Gigi
10-15 ans

Personnage et mise en scène en quelques cases
Avec Moez Tabia
10-15 ans
Salle du conte