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Aider les familles à s’approprier le livre, au sens figuré comme au sens propre, tel est l’objectif du projet « Des livres à soi » mis en œuvre en 2013-2014 et qui s’est poursuivi en 2015 en partenariat avec les acteurs locaux (centre social, PMI, bibliothèque, librairies et service culture) de la Seine-Saint-Denis, va s’étendre en 2016, avec la soutien de « La France s’engage », dans ce département et au-delà.

 

Faire une place dans chaque foyer

Les parents jouent un rôle déterminant pour susciter le désir et du plaisir de lire. Or, pour de nombre d’entre eux, il n’est pas toujours évident, ni facile, de savoir comment utiliser le livre avec ses enfants.

 

Le projet « Des livres à soi, » s’adresse aux parents en situation d’analphabétisme, d’illettrisme ou en difficulté de maitrise de notre langue. Il vise à leur apporter la confiance, la connaissance et les outils nécessaires pour s’approprier, malgré ces difficultés, les livres destinés à leurs enfants, les leur lire ou raconter. Il les invite à faire du livre un objet de partage, un temps de plaisir et de dialogue avec leurs enfants, notamment les plus jeunes. Il les aide à constituer une bibliothèque familiale.

 

Accroître la place du livre dans les structures sociales de proximité en aidant les acteurs (professionnels et bénévoles) à intégrer le livre dans leurs pratiques au quotidien et permettre aux parents de découvrir et de s’approprier la littérature de jeunesse pour lui faire une place dans chaque foyer est tout l’enjeu du projet « Des livres à soi ». Un projet qui vise à combattre et prévenir l’illettrisme dans les quartiers défavorisés en recourant au livre de jeunesse comme vecteur d’inclusion sociale et de soutien à la parentalité.

 

 

Le mode opératoire

 

Le projet accompagne les parents non lecteurs dans l’acte régulier de lire des histoires à leurs enfants et dans la constitution d’une bibliothèque familiale :
– Ateliers de familiarisation, manipulations et appropriation des livres jeunesse. Comment les raconter, les partager, prendre le chemin de la bibliothèque et de la librairie ?
– Dotation des familles en chèques lire et accompagnement en librairie pour choisir et acheter des livres.
– Formations des professionnels des structures sociales où se tient l’action et dotations en livres.
– Création d’une plateforme en ligne d’outils de médiation.

 

 

 

Présentation du projet par Sylvie Vassallo, directrice du Salon

Des livres à soi from La France s’engage on Vimeo.

 

 

 

 

Des livres à soi, illustration :

Avec un atelier livres pour enfants mené à Clichy-sous-Bois

 

 

Déjà expérimenté avec succès en 2014, ce projet est reconduit dans les centres sociaux de Clichy-sous-Bois et d’autres territoires de la Seine-Saint-Denis. Étendu cette année à Lorient, ce projet tend à être dupliqué à l’échelle nationale avec un programme de formations permettant aux professionnels de terrain de porter et démultiplier à leur tour cette action.

 


Un fonds de dotation pour renforcer l’accessibilité à la lecture pour tous

Pour intensifier cet axe prioritaire et d’intérêt public que représente la démocratisation de la lecture, soutenir et permettre le développement de ce projet et autres actions de médiation et projets artistiques à vocation sociale, un fonds de dotation, permettant la défiscalisation de dons et ouvert à tout type de mécène qui souhaite s’associer en industrie, en compétences ou en numéraire, a été créée en 2013.


Vous souhaitez soutenir cette action, entreprises, mécènes, donateurs, n’hésitez pas à nous contacter : contact@slpj.fr

Une action co-produite par le Fonds de dotation du Salon,

avec le soutien La France s’engage

LFSE

 

 

 

 

 

 de la Fondation du Crédit Mutuel, Pôle Lecture

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 et de la Fondation Vinci pour la cité

Vinci

 

 

 

 

Impression

 

 

 

 

 

 

 

Le projet « Des livres à soi » bénéficie de la labellisation « Agir ensemble contre l’illettrisme »
En savoir + : www.anlci.gouv.fr.

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Pour aller plus loin

Inégalités sociales et lecture, quelques chiffres

Selon l’enquête de L’observatoire des inégalités, publiée en 2008 et révisée en 2013, un tiers de la population de plus de 15 ans ne lit aucun livre. 27 % en lit 4 par an au maximum. Les écarts entre les catégories sociales sont importants : 45 % des ouvriers ne lisent pas de livres contre 10 % des cadres supérieurs. Pas moins de 51,9 % des cadres supérieurs sont abonnés à une publication, contre moitié moins pour les ouvriers.

L’exemple de la lecture montre une nouvelle fois que les inégalités d’accès à la culture entre catégories sociales dépendent du niveau de vie, du milieu familial, du capital culturel, du le diplôme, de la maîtrise de la langue et de l’écrit. L’importance prise par l’image masque le fait que nos sociétés accordent une place considérable au texte. La richesse du vocabulaire, la maîtrise de la lecture et de l’écriture sont de puissants éléments de distinction sociale, à l’école comme dans le monde du travail. Les inégalités se forment dès la petite enfance : plus on a de livres à la maison, plus on a de chance d’en lire… Et finalement d’en avoir à la maison à l’âge adulte.

Des livres à soi, premier bilan

Au cours d’ateliers bi-mensuels, les parents, plus souvent des mamans, ont pu découvrir la diversité de la littérature de jeunesse et apprendre à utiliser des albums, des documentaires, des romans, à dépasser leurs craintes ou réticences, pour finalement provoquer l’envie de leur donner une place dans leur foyer pour leurs enfants. « Les femmes qui ont participé à l’atelier ont une perception plus fine, maintenant, de ce que leurs enfants peuvent avoir envie de lire. » précise Aurélie Mignot, coordinatrice du secteur jeunesse au centre social de l’Orange bleue, à Clichy-sous-Bois.

Ces séances ont été ponctuées de sorties en librairies pour que chaque maman puisse acheter des livres de leur choix, un acte que la plupart d’entre elles n’avaient jamais fait.

« J’ai toujours voulu acheter des livres pour ma fille, confirme Leyla Koprucu, mais avant l’atelier, je ne savais vraiment pas quoi acheter…. Maintenant, ma fille a une bibliothèque remplie pour les années qui viennent ! Et moi, je n’ai plus d’appréhension à entrer à l’espace culture de Leclerc. ». Une expérience qui a également changé l’approche de la lecture par les parents « Je suis retournée, toute seule, dans la librairie de Gagny. Je me suis achetée des livres pour moi » témoigne Rachida Chaber, mère de deux enfants.